Artiste multiforme, Ouedraogo W. Wilfrid – né à Ouagadougou – incarne à lui seul la porosité des disciplines. Wendlamita Kouka pour la musique, Wilfried de Paul pour la peinture, il fait vibrer la ville entre mots, couleurs et matières, depuis plus de vingt ans.
Autodidacte, il commence très jeune à dessiner et à écrire, passant des cartes postales aux grandes fresques, des carnets nocturnes aux scènes de rap. En 2001, alors professeur de sport, il forme son premier groupe, Rakiiré. Deux ans plus tard, il quitte sa « vie respectable » pour embrasser pleinement une carrière artistique où peinture et musique se nourrissent l’une l’autre.
Sa peinture dit ses émotions les plus intimes, tout comme ses textes. Il invente même son propre alphabet, le « warga », pour tisser un langage symbolique, secret et universel, au croisement de l’écrit et du visuel.
Wilfried de Paul expose sur toile mais surtout sur les murs : il est l’un des visages majeurs de la peinture murale au Burkina Faso. Sa signature s’affiche dans les quartiers populaires, sur les façades de l’ambassade d’Allemagne ou aux côtés des figures du hip-hop old school au festival Kolg N’Gomé. Son art, libre et sans frontière, parle à la rue, à l’enfance, à la mémoire collective.
Il puise son inspiration dans les livres, les silences, les regards croisés et les récits oubliés. Chaque toile est un voyage sans carte, une exploration sensible et intuitive. Il refuse les thèmes figés, préfère laisser la peinture le guider. Ce qu’il cherche ? Toucher, dialoguer, faire vibrer.
Toujours en recherche, il prépare une nouvelle mutation de son style, plus contemporain, plus incarné. Une seule chose demeure : cette urgence d’exister en création.